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Ce que dit la Cour des comptes

La dette publique, en clair

Chaque année, la Cour des comptes, juridiction indépendante, fait le point sur l'état des finances publiques. Voici l'essentiel de son rapport du 25 juin 2026, en chiffres et en graphiques, sans commentaire partisan.

0,0 Md€de dette publique fin 2025, soit 115,7 % de la richesse produite en un an (PIB).
0,0 Md€d'intérêts payés en 2025
0,0 Md€d'intérêts prévus en 2026
0,0 Md€de déficit en 2025 (5,1 % du PIB)

Où en est la dette ?

La dette a fortement augmenté pendant la crise sanitaire de 2020, a un peu reculé, puis repart à la hausse depuis 2024. Selon les prévisions du Gouvernement, elle continuerait de progresser jusqu'en 2027-2028 avant de se stabiliser.

Dette publique, en % du PIB

  • Constaté (INSEE)
  • Prévisions du Gouvernement
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Dette publique, en % du PIB
AnnéeDette (% du PIB)Statut
201998,2Constaté
2020114,9Constaté
2021112,8Constaté
2022111,4Constaté
2023109,5Constaté
2024112,6Constaté
2025115,7Constaté
2026118,5Prévision
2027119,5Prévision
2028119,5Prévision
2029118,8Prévision

Pourquoi elle coûte de plus en plus cher

Quand l'État emprunte, il paie des intérêts. Pendant des années, ces taux étaient proches de zéro. Ils ont fortement remonté depuis 2022 : chaque nouvel emprunt, et chaque emprunt ancien qu'il faut renouveler, coûte donc plus cher. La charge d'intérêts passerait de 65,7 Md€ en 2025 à 77,4 Md€ en 2026.

Taux moyen des emprunts à long terme de l'État

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Taux moyen à l'émission des obligations de l'État (OAT)
AnnéeTaux moyen (%)
20210,00
20221,70
20253,35

Le déficit : ce qui manque chaque année

Le déficit est l'écart, sur une année, entre les dépenses et les recettes publiques. C'est lui qui alimente la dette. Les règles européennes fixent un plafond de 3 % du PIB. Le Gouvernement s'est engagé à repasser sous ce seuil en 2029 ; la Cour estime urgent qu'il précise et étaye cette trajectoire. Elle rappelle que 3 % n'est qu'une première étape : pour stabiliser la dette, il faut revenir à un solde primaire (hors intérêts) à l'équilibre, puis excédentaire.

Déficit public, en % du PIB

  • Constaté
  • Objectif du Gouvernement
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Déficit public, en % du PIB
AnnéeDéficit (% du PIB)Statut
20245,8Constaté
20255,1Constaté
20265,0Objectif
20274,1Objectif
20283,4Objectif
20292,8Objectif

La France parmi ses voisins

Fin 2025, la France est le troisième pays le plus endetté de la zone euro, derrière la Grèce et l'Italie. Selon la Cour, c'est le seul des pays endettés de la zone euro à ne pas avoir fait refluer sa dette depuis la fin de la crise sanitaire. Son taux de prélèvements obligatoires (43,6 % du PIB en 2025) est aussi le plus élevé de la zone euro.

Dette publique fin 2025, en % du PIB

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Pays les plus endettés de la zone euro fin 2025, en % du PIB
PaysDette (% du PIB)
Grèce146,1
Italie137,1
France115,7

L'effort à fournir

Après 37 Md€ de hausses d'impôts décidées pour 2025 et 2026, revenir sous 3 % de déficit en 2029 exigerait, selon la Cour, de diminuer la dépense publique hors intérêts de 0,5 % par an en volume, alors qu'elle a progressé de 1,0 % par an avant la crise sanitaire. La Cour mesure cet effort par rapport au rythme de dépense observé en 2015-2019 ; elle note qu'une consolidation de cette ampleur n'est pas inédite en zone euro.

0 Md€d'effort nécessaire en 2027 pour viser 4,1 % de déficit
0 Md€d'effort pour atteindre 2,8 % de déficit en 2029
0 Md€de hausses de prélèvements en 2025-2026

Évolution annuelle de la dépense publique hors intérêts (en volume)

  • Observé
  • Nécessaire selon la Cour
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Évolution annuelle en volume de la dépense publique hors charge de la dette
PériodeÉvolution (% par an)
2015-2019 (observé)1,0
2027-2029 (nécessaire)-0,5

Les pistes de la Cour pour réduire la dette

La Cour ne choisit pas les mesures : c'est le rôle du débat démocratique. Elle tire en revanche quatre enseignements des pays de la zone euro qui ont réussi à redresser leurs comptes.

  1. Un effort choisi plutôt que subi

    Les redressements qui réussissent sont engagés à l'initiative des pouvoirs publics, avant que les marchés ne l'imposent : un effort important dès le début, puis une trajectoire pluriannuelle visant un excédent primaire (recettes supérieures aux dépenses hors intérêts).

  2. Des mesures qui pèsent le moins sur l'activité et la cohésion sociale

    Les réformes structurelles, comme celles des retraites ou de l'assurance chômage, sont citées en exemple. La Cour recommande aussi de préserver l'investissement public structurant (réseaux de transport, efficacité énergétique) : on désigne les dépenses prioritaires et on économise ailleurs.

  3. Un cadre institutionnel solide

    Des institutions budgétaires indépendantes et des règles budgétaires crédibles aident à tenir la trajectoire dans la durée, au-delà des alternances.

  4. Des aides de crise temporaires et ciblées

    En cas de choc, les mesures de soutien doivent être ciblées et limitées dans le temps, puis retirées rapidement pour éviter un « effet de cliquet ». En période d'inflation, une sous-indexation temporaire de certaines prestations a été utilisée par d'autres pays.

Sources